Cercle d'Études Vernonnais

Les activités de 2026
du CEV et de ses membres

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Jeudi 22 janvier 2026

Assemblée générale annuelle des adhérents du CEV
Ordre du jour
rapport moral et approbation,
rapport financier et cotisations, rapport du vérificateur des comptes, approbation, budget,
orientations pour 2026,
quitus sur la gestion du conseil d’administration,
renouvellement des membres sortants
 présentation du nouveau Cahier vernonnais.

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RAPPORT MORAL 2025
Le secrétaire, Guy Quintane

L’assemblée générale du Cercle d’Etudes Vernonnais s’est tenue le jeudi 22 janvier 2026 dans la salle Maubert de l’Espace Philippe Auguste. Cent neuf adhérents de l’association étaient présents ou représentés témoignant de leur attachement au Cercle.Bureau
       

Le président a ouvert la séance à 20h 40. Il a remercié l’assistance pour sa présence et sa fidélité. Il a aussi fait part de l’absence de Jean Baboux, vice-président qui n’est pas totalement remis de l’accident qui l’a touché à la fin de l’année. Il a ajouté que son absence se faisait sentir. Le public a été sensible à ces propos.

Il a ensuite évoqué l’organisation de la séance. Dans un premier temps, le rapport moral sera présenté, suivi du rapport financier et des propositions budgétaires. Dans un troisième temps, on procédera à l’élection de membres du bureau. Viendra ensuite la présentation du Cahier Vernonnais n° 48. L’assemblée s’achèvera avec le point sur les perspectives pour 2026. Elle sera suivie d’un partage de la traditionnelle galette.

Il donne ensuite la parole à Guy Quintane, secrétaire pour la présentation du rapport moral.


A. Rapport moral 2025

    Comme tous les ans, la première réunion publique du CEV pour 2025 a été réservée à ses membres, réunis en assemblée générale le 23 janvier 2025. Soixante-douze d’entre eux étaient présents et trente huit étaient représentés. Cette forte participation a témoigné de la vitalité du Cercle. Mme Nicole Balmary, Maire-adjointe en charge de la culture et Mme Léocadie Zinzou, Maire-adjointe en charge de la vie associative assistaient à la réunion.

     Á cette occasion, le secrétaire a présenté le rapport moral 2024 repris dans le numéro 48 des Cahiers. Il est revenu sur les conférences de l’année dont un résumé, figure comme tous les ans dans le numéro annuel des Cahiers. Il a rappelé le succès de la sortie de juin à Fours-En-Vexin, la participation de trois membres du CEV au congrès annuel de la FSHAN qui se tenait au Havre Il a ensuite évoqué la participation du Cercle au traditionnel « grand déballage » organisé par la ville de Vernon. Il a ajouté que le numéro spécial des Cahiers Vernonnais consacré à la Collégiale dont les articles ont tous été rédigés par des membres du CEV était en voie d’achèvement.

     Ce rapport a été adopté à l’unanimité, comme l’a été la reconduction des membres du bureau, Le président et le secrétaire ont ensuite fait savoir qu’ils Bureau CEVquittaient leurs fonctions en ce début d’année comme cela avait déjà été annoncé.

      Le secrétaire est ensuite revenu sur les activités de l’année 2025. Celles-ci  se sont ouvertes avec la tenue d’une première réunion du conseil, le 29 janvier. Elle était importante puisqu’elle était le moment de l’élection du nouveau président et du secrétaire du Cercle.

     Après 18 ans passés de présidence, Jean Pouëssel a souhaité passer la main. Les membres du conseil ont salué le remarquable travail accompli, lui ont exprimé leur gratitude et leur estime et l’on élu à l’unanimité président d’honneur. Gérard Gengembre a accepté de prendre la suite et a présenté à cette fin sa candidature. Il a été élu à l’unanimité. Ses nouvelles fonctions le conduisant à quitter celles de secrétaire qu’il exerçait jusqu’alors, Guy Quintane qui acceptait de lui succéder a été élu, lui aussi à l’unanimité.

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     Le conseil s’est réuni à dix reprises tout au long de l’année 2025 pour conduire les affaires courantes de l’association.

 1  Les conférences du jeudi

    Au cours de cette année, huit conférences ont été proposées aux adhérents et au public. Les dates et les  sujets ont été rappelés avec la mention de leurs auteurs. 

      La conférence que devait donner Jean Baboux le 11 décembre sur le Le camp d’entraînement sportif de Manitot a dû être reportée à la suite d’un accident dont a été victime le conférencier.

        On notera que ces conférences dont le résumé figure dans le numéro 48 des Cahiers Vernonnais ont été données, pour plus de la moitié d’entre elles, par des membres du CEV.  Cinq ont porté sur des sujets en lien avec la Normandie, dont deux sur des sujets « vernonnais », trois sur des sujets d’intérêt national.

Les autres activités

 Le congrès de la FSHAN

     Comme c’est traditionnellement le cas, des membres du CEV ont donné des communications au Congrès de la FSHAN. Le secrétaire a rappelé que Jean Pouëssel est aujourd’hui vice-président de cette importante société. Son élection honore le CEV qui s’en est réjouit ; Le congrès se déroulait cette année à Carentan du 9 au 11 octobre et portait sur « Les sociabilités en Normandie »

     Jean Baboux a donné la sienne sous le titre « Avec les camarades de la CGT, la sociabilité dans une grande centrale ouvrière du département de l’Eure ». Celle de Françoise Demangeon, était intitulée « Sociabilité d’entreprise : les loisirs selon Bata aux manufactures de Saint-Marcel dans les années 50 et 60 ».

     Ces communications, très appréciées, seront publiées dans le recueil des Actes du colloque qui sera mis en vente en octobre prochain.

 La sortie de juin

     C’est le château du Buisson-de-May qui a accueilli cette rencontre traditionnelle et  conviviale qui a connu un grand succès. Les participants ont pu visiter, sous un temps magnifique, un domaine d’un grand intérêt qui leur a été présenté avec talent par la propriétaire des lieux. Ils ont pu aussi écouter Benoît Cottereau qui a donné, « en plein air », une conférence qui a eu beaucoup de succès, sur le thème évoqué plus haut.

 
La réalisation du hors série Collégiale

     Le CEV avait décidé à la fin de 2023 de la réalisation d’un Cahier spécial consacré à la collégiale de Vernon dont il semblait qu’elle était opportune au moment où la ville avait entrepris, avec le soutien de la Fondation du patrimoine, une très importante opération de restauration de l’édifice.
Le Cahier, dont Christian Vanpouille a été le maître d’œuvre, a été achevé dans le courant du printemps.

     Á ce jour 82 exemplaires ont été vendus. Ces ventes permettent au CEV de verser à la Fondation du patrimoine une somme de 1240 euros.

 
L’ouverture des archives du Cercle

      Le CEV dispose d’un riche fonds d’archives. Le Conseil a pensé que l’accès à ce fonds, qui nécessite un important travail de classement des documents pourrait être autorisé. La ville a accepté de permettre au Cercle de disposer des locaux qu’il utilise pour ses réunions dans des conditions telles que cet accès soit possible. Le travail de classement des fonds a été engagé dans le courant de l’été essentiellement par Gérard Gengembre, Michel Afflatet et Françoise Demangeon auxquels s’est joint Jean-Claude Viel. On peut penser que les conditions seront prochainement réunies pour que l’accès précité soit ouvert selon des modalités qui restent encore à préciser.

     Le CEV a, comme tous les ans, tenu un stand au « Grand déballage » de Vernon.  Il a été aussi en contact avec nombre d’interlocuteurs souhaitant des informations sur la vie locale.

 
     Le rapport moral mis aux voix par le président est adopté à l’unanimité.

     Après quoi, le président a donné la parole au trésorier pour la présentation des comptes de 2025 de du budget pour 2026.

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B. Le rapport financier et le budget pour 2026


    Dominique Siméon a pris la parole pour présenter dans un premier temps les comptes  de l’exercice 2025.

    Le compte de résultat fait apparaitre un total des charges égal à 6775,39 euros, pour des produits qui se sont élevés à 5812,07 euros. Le déficit de l’exercice est dès lors de 963,32 euros.

     Pour ce qui est du bilan, le total de l’actif est de 13 473, 81 euros. Il s’agit presqu’exclusivement d’actifs financiers. Le passif s’élève naturellement au même chiffre. Il faut noter qu’il est composé pour l’essentiel des fonds propres du CEV. Il comptabilise aussi des dettes et charges à payer à hauteur de 2014,51 euros et une provision égale à 2000 euros. Ces chiffres font apparaître une situation financière très solide.

     Le président donne ensuite la parole à Albert Demangeon, commissaire au compte. Celui- ci a certifié la régularité et la sincérité des comptes qui ne donneront lieu à l’expression d’aucune réserve de la part des membres présents.

   Après quoi, le trésorier a repris la parole pour la présentation du budget pour 2026. Les charges et les produits sont prévus à hauteur de 4250 euros en baisse sensible par rapport aux données financières des exercices précédents. Cet écart s’explique essentiellement par l’incidence financière du hors série Collégiale dont toutes les charges qu’il a généré sont aujourd’hui réglées.

     Ce budget n’a donné lieu à aucune remarque de la part des membres présents.

     Le président l’a mis aux voix et il a été adopté à l’unanimité.

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C. L’élection des membres du bureau

       Les mandats de cinq membres du bureau sont arrivés à leur terme. Il s’agit de ceux confiés à Françoise Demangeon, Gérard Gengembre, Guy Quintane, Christian Vanpouille et Jean-Claude Viel. Ils sollicitent tous le renouvellement de leur mandat.

    Le président met aux voix leur réélection.

    Les membres précités sont réélus à l’unanimité.

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D.  Le Cahier Vernonnais n° 48cahier 48

      Le président a donné ensuite la parole à Jean Pouëssel, président d’honneur pour la présentation du Cahier Vernonnais n° 48.

    Ce numéro de 120 pages propose cinq articles, tous rédigés par des membres du CEV

     On trouve aussi dans ce numéro le compte rendu des activités du CEV, et notamment de son assemblée générale de 2024, le résumé des conférences de l’année, un point sur la sortie de juin et sur le congrès de Carentan de la FSHAN.

    Le président a remercié Jean Pouëssel pour cette belle présentation et a repris la parole pour présenter les perspectives du CEV pour 2026.

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E.  Les perspectives pour 2026      

      Le prédisent a évoqué les conférences, la sortie de juin, la participation au « grand déballage », le prochain congrès de la FSHAN, le travail d’archivage, la vente du hors série Collégiale.

Les conférences

     Le programme de ces conférences se présente sous le détail suivant :

 -  12 février, « Les mythes nés de la Révolution française » (Emmanuel de Waresquiel.), cette conférence sera donnée dans la salle Vikings.

-  19 mars. « Quand l’école primaire est-elle devenue laïque ? ». (Simon Catros).

- 23 avril, Les écrivains du pays d’Auge (Samanta Caretti).

- 21 mai, La Cour des comptes, (Guy Quintane).

 

      La première conférence du second semestre, en septembre, sera donnée par Jean Pouëssel qui évoquera sa carrière dans les services des Archives nationales.

Gérard Hurpin évoquera en octobre la question religieuse en Normandie, et plus particulièrement dans le département de l’Eure, au XVIIe siècle.

     En novembre, Pascal Paillé devrait venir parler de la détention de son père dans les camps de la mort.

    La conférence du mois de décembre devrait avoir pour sujet le camp d’entraînement sportif de Manitot et être donnée par Jean Baboux. Il s’agit de la conférence qui avait été prévu pour le mois de décembre 2025 et qui, après l’accident du conférencier a dû être reportée. Si elle devait une fois encore être reportée, Gérard Gengembre traiterait de la table dans le roman français du XIXe siècle.

    On peut noter que des conférenciers ont été sollicités pour 2027 et que plusieurs propositions sont à l’étude.

    La sortie de juin

     Le choix du lieu n’est pas définitivement arrêté. Deux possibilités sont à l’étude pour la visite de deux lieux qui n’ont jamais accueilli le CEV.

 Le grand déballage

    Comme les années précédentes, le CEV y aura un stand devant le magasin de Jean Castreau.

 
Le congrès annuel de la FSHAN

     Cette manifestation se tiendra cette année à Bayeux, du 14 au 17 octobre, sur le thème « Religions en croyances en Normandie ». D’ores et déjà, deux membres du CEV, Jean Pouëssel et Jean Baboux ont signalé qu’ils proposeraient d’y donner une communication.

 
Le travail d’archivage et la vente du hors série des Cahiers consacré à la collégiale

    Ces deux sujets ont été exposés dans le rapport moral.

 

      Le président a ensuite donné la parole à l’assistance pour recueillir les questions qui pourraient posées ;

Deux l’ont été, l’une portait sur la numérisation des archives du Cercle, l’autre sur le choix des thèmes des conférences et de celui des conférenciers.

    S’agissant de la première, le président a répondu que le travail de la totalité de ce fonds documentaire nécessiterait des moyens dont le CEV ne dispose pas. Il précise que le catalogue de ces fonds sera en revanche et qu’il sera dès lors facile d’accéder aux documents qu’il recensera il est vrai en se déplaçant jusqu’aux locaux mis à la disposition du Cercle ; Pour ce qui est du choix des conférences, et des conférenciers, il dit qu’il est fait à l’occasion de propositions qui sont étudiées à l’occasion des conseils d’administration. Il ajoute que la plupart des conférenciers accueillis par le CEV soulignent la qualité de l’accueil qui leur a été réservé et font souvent part de leur souhait de revenir ;

 
    Á 21h 40, le président a levé la séance. Il a dit à l’assistance que dans l’attente de la préparation de la galette qui leur serait servie, un film portant pour l’essentiel sur des églises de la région qu’a préparé Christian Vanpouille leur serait proposé.

   Après le visionnage de ce film, l’assistance s’est retrouvée pour un très agréable moment de convivialité autour de la traditionnelle galette.

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Jeudi 12 février 2026

LA RÉVOLUTION ET SES MYTHES

Emmanuel de WARESQUIEL

Présentation dWaresquielu conférencier :

     Emmanuel de Waresquiel est un historien dont les travaux font autorité. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment sur la Révolution, l’Empire et la Restauration, ainsi que des biographies (Fouché, Talleyrand, Madame du Barry…), des essais et des souvenirs. Depuis 2025, il est membre de l’Académie des Sciences morales et politiques. Il nous fait l’honneur de revenir pour une nouvelle conférence qui, comme la précédente, se fera sous la forme d’un dialogue avec Gérard Gengembre.

Présentation de la conférence : En écrivant le récit de son histoire, la Révolution n’a pas seulement donné du rêve aux Français, elle a cherché les fondements de sa légitimité dans la geste de ses origines. Elle a placé si haut ses idéaux qu’elle a senti le besoin de montrer toujours la “terre promise” à l’horizon de ses conquêtes. Par leur vertige même, la souveraineté du peuple, la proclamation de la république, la décapitation du roi ont été autant de raisons à l’exaltation des pouvoirs tout neufs d’un régime qui enterre mille ans de monarchie. Il fallait les rendre visibles. Il fallait des mythes.


Résumé de la conférence :

C’est devant un nombreux public qui avait pris place dans la salle Vikings qu’Emmanuel de Waresquiel a donné une belle conférence sur la Révolution et ses mythes.conferencier

    La séance a été ouverte à 20 h 40. Le président a présenté Emmanuel de Waresquiel en évoquant les nombreux ouvrages dont il est l’auteur qui lui ont valu une belle reconnaissance avec son élection en 2025 à l’Académie des sciences morales et politiques. Il rappelle la conférence qu’avait donnée Emmanuel de Waresquiel au mois de décembre 2023 dans la même salle, une conférence consacrée à Jeanne du Barry qui avait été très appréciée.

    Il dit que la communication de ce soir s’appuiera sur le dernier ouvrage du conférencier publiée sous le titre Il nous fallait des mythes : la Révolution de ses imaginaires. De 1789 à nos jours. 

 Il revient ensuite sur le hors-série collégiale proposé par le CEV et dit qu’il reste encore quelques exemplaires.

     Avant de donner la parole à Emmanuel de Waresquiel, le président précise que la conférence  prendra la forme de questions qu’il posera au conférencier.

    Celui-ci ouvre ses propos en évoquant l’importance de l’imaginaire dans lequel s’inscrivent les éléments jugés, par une société comme essentiels. Cet imaginaire peut connaître de profondes mutations. Ce sera le cas pour la société française, avec la Révolution..Celle-ci sera à l’origine de nouveaux mythes.  Le moment est ici d’autant plus marquant que ces nouvelles constructions « idéologiques » se diffuseront dans le temps. Ils seront par conséquent de nouveaux marqueurs de l’identité nationale dont l’émergence restera marquée par une part d’incertain, voire de mystère, d’autant plus présents que le sens que l’on attribue aux évènements, et quelquefois même la réalité qu’on leur prête ne sont pas toujours ceux que l’on percevait à l’instant de leur survenance.

     C’est par conséquent autour d’événements qui deviendront des mythes qu’Emmanuel de Waresquiel va construire une large partie de son propos.  Le fil conducteur suivi est celui que vont représenter ces mythes pour légitimer la mutation d’une souveraineté qui passe du roi à la nation, une mutation dont le caractère exceptionnel ne semble pas d’ailleurs avoir été clairement perçu par ceux qui vivaient l’événement.

     Le conférencier évoque d’abord la devise de la République : « Liberté, Égalité, Fraternité » La question de l’égalité, dans une société jusqu’alors structurée en ordres séparés semble particulièrement signifiante. Ces valeurs sont en rupture très nette avec celles que pouvait revendiquer une monarchie dont les valeurs n’étaient de fait que la déclinaison de celles de l’Église catholique.  

   Dans le fond, semblent s’esquisser les ébauches d’une nouvelle religion, avec le mystère dont les croyances sont toujours empreintes.

    Il sera ensuite longuement question du serment du jeu de paume, celui par lequel les députés du tiers état juraient de ne pas se séparer avant qu’une Constitution soit donnée au pays. La diffusion du sens que l’on voudra donner à l’événement va pouvoir s’appuyer sur le tableau de David illustrant le moment, même si l’oeuvre resta inachevé. Le serment est porteur d’une sacralité que le tableau restitue, avec notamment les références à la mythologie que l’on peut y trouver.

    Le conférencier revient sur la constitution du tiers en Assemblée nationale, quelques jours avant le serment qui marquait déjà le projet d’une société égalitaire avec ici bien entendu la question de l’indivisibilité de la nation (même s’il est vrai qu’une centaine de députés du tiers s’étaient opposés au projet alors que trois jours plus tard le serment du jeu de paume fera presque l’unanimité). 

   Emmanuel de Waresquiel évoque aussi la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789.
Ici aussi le caractère mythique de l’événement est une évidence que permet de mesurer l’écart entre le constat que l’on peut faire de ce que fut la journée, et la charge symbolique qu’on lui reconnaitra, surtout depuis que la date sera choisie au début de la IIIe République comme fête nationale. Il dit que le moment reste intéressant en ce que il marque une forme d’action politique que l’on pourrait rattacher aux dispositifs de la démocratie directe, et qu’en cela il est une sorte de contrepoint aux événements de juin dont il a été question et qui eux peuvent s’inscrire dans la forme que prend la démocratie représentative. Il ajoute que ce débat marquera l’histoire de la République jusqu’à nos jours ;

   Le conférencier met en lumière que l’événement s’est inscrit dans les moments de tension qui marquaient le pays et rappelle qu’en réalité le souhait des assaillants était simplement de prendre possession de la poudre à canon qui était entreposé dans une prison hébergeant très peu de détenus, une prise qui s’acheva par des gestes de violence qui n’étaient pas à l’époque si inhabituels.

   Il évoque ensuite la Fête de la fédération qui a pu apparaître comme un moment de communion nationale et qui mobilisait de manière particulière de nombreux symboles aux fins de légitimer la nouvelle organisation de la nation, et d’afficher une forme de réconciliation nationale, même si ici aussi, il y aura un grand malentendu.

   La question de la guillotine était aussi intéressante à poser. On sait que l’instrument a pu être présenté presque comme « une invention humaniste » : elle permettait d’infliger la mort instantanément, et de la même manière pour tous ceux qui y étaient conduits. Il dit que son invention pourrait être considéré comme l’expression du sentimentalisme qui n’est pas absent de la période : ici, une mort qu’il faut bien donner, mais sans souffrance. La guillotine sera utilisée pour publicla première fois en avril 1792 pour l’exécution d’un condamné de droit commun.

   Le conférencier abordera ensuite la bataille de Valmy qui elle aussi pourra être évoquée pour défendre un mythe : celui de la nation en armes. Ici aussi on sait combien la réalité de l’événement et la façon de le présenter diffèrent..Valmy sera moins représentatif de l’héroïsme qu’il ne le sera dit. On pourrait presque dire que ce fut une « petite bataille »  à tout le moins si on évalue son impact au nombre de victimes (il y en aura moins de 500, soit 20 fois moins qu’à Waterloo). Par ailleurs, du fait de la disproportion des forces engagées, et du soutien logistique, l’avantage des Français était net.

   Il a été ensuite question du drapeau tricolore et des interprétations que l’on peut donner au choix des couleurs, des interprétations souvent un peu rapides, notamment pour ce qui est de la couleur blanche ; si le blanc était souvent utilisé comme signe de ralliement, notamment dans les unités militaires, le bleu à fleur de lys marquait davantage la symbolique royale.

    La conférence aura favorisé la compréhension de la façon dont se construisent les mythes, mais aussi de la façon dont ils se diffusent, et au moins autant du rôle qu’on leur accorde.

       Emmanuel de Waresquiel conclut son propos après cette évocation. Le président le remercie et le public le salue avec de longs applaudissements.

     La parole est ensuite donnée à la salle. Quelques questions sont posées notamment celle de savoir si l’on pourrait tenter un rapprochement entre la situation de 1789 et celle que vit aujourd’hui un pays marqué par des phénomènes de radicalisations de plus en plus marquées et violentes Une question portera sur l’interprétation que l’on peut faire de la bataille de Valmy, une autre revient sur la question des couleurs du drapeau national.

 
     Le président lève la séance à 22 h 25, après quoi le conférencier se prête à une séance de dédicace de certains de ses ouvrages.

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Jeudi 19 mars 2026

Quand l’école primaire est-elle devenue laïque ?

Simon CATROS
Présentation du conférencier :

Simon Catros est professeur agrégé d'histoire-géographie, docteur en histoire contemporaine et maître de conférences en sciences de l'éducation, Sorbonne Université (INSPE).

Présentation de la conférence :

On a coutume de dire que Jules Ferry a instauré la laïcité scolaire en France. Certains précisent que cette laïcité scolaire résulte d'une loi Ferry de 1882. Pourtant, ces assertions, si elles possèdent une part de vérité, ne rendent pas compte pas, loin de là, du processus progressif, complexe et, à bien des égards, conflictuel que fut la laïcisation de l'école primaire.

Résumé de la conférence :

Catros    Une fois encore, le public était venu nombreux le jeudi 19 mars, salle Maubert, pour suivre la conférence donnée par Simon Catros sur le thème de la laïcisation de l’école primaire publique. En l’absence du président et du vice-président du CEV, c’est Françoise Demangeon qui a présenté la soirée ouverte à 20 h 35.
    Le conférencier prend la parole en commentant d’abord la photo d’un dessin de 1881 qui décrit l’enlèvement des crucifix dans la classe d’une école primaire, à un moment où l’interdiction des symboles religieux dans ces établissements n’a
Ecolevait pas encore été adoptée par le législateur.

      Il évoque ensuite la place de la religion à l’école tout au long du XIXe siècle avec d’abord la question des programmes dont il rappelle qu’avant le tournant des années 1880, ils prévoyaient l’obligation de dispenser une instruction morale et religieuse, mais aussi une véritable tutelle des ministres du culte sur la façon dont elle était respectée, ou encore la place importante du personnel religieux dans la communauté des enseignants. Il dit que si la République est proclamée dès 1870, il a fallu attendre une dizaine d’années pour qu’une majorité politique défendant ses principes arrive au Parlement.

    Le conférencier structure son propos en trois parties.

       La première est consacrée à ce qu’il qualifie de « moment Ferry-Goblet » qui s’ouvre avec l’arrivée au ministère de l’instruction publique de Jules Ferry. C’est un moment où l’attention accordée à l’enseignement par l’autorité politique devient prioritaire : celui-ci est considéré comme de nature à favoriser la consolidation de la République, et la laïcisation s’inscrit dans ce projet. La position des religions, et tout particulièrement celle de l’Eglise catholique est considérée comme trop éloignée de l’idéal républicain. De nombreuses dispositions sont prévues par les lois du 16 juin 1881 et du 28 mars 1882 : une instruction primaire obligatoire, gratuite et laïque de 6 à 13 ans, une réécriture des programmes avec notamment la mise en place d’un enseignement moral et civique qui prend la place de l’enseignement moral et religieux et qui doit être fondé sur une morale « pratique » qui n’a pas à s’intéresser aux considérations profondes qui peuvent en motiver le message qu’elle délivre. Simon Catros revient ici sur la célèbre lettre de Jules Ferry aux instituteurs de novembre 1883. Parmi les autres dispositions, figure l’interdiction de dispenser des enseignements religieux dans les locaux réservés à l’école publique, avec en même temps des aménagements pour permettre aux familles qui le souhaitent de faire suivre à leurs enseignants de tels enseignements, hors du temps consacré aux enseignements de l’école publique (ce qui par exemple explique dans la semaine la « pause » du jeudi). Cette « tolérance » est notamment défendue par Paul Bert au nom du respect dû aux libertés individuelles
   Les actions entreprises seront poursuivies par René Goblet lorsque celui-ci deviendra ministre en charge de l’instruction publique en 1885.

       Dans un second temps, le conférencier va montrer que la laïcisation se fera très progressivement. C’est ainsi par exemple que, pour ce qui est de la suppression des emblèmes religieux dans les locaux réservés à l’enseignement public, s’il sera immédiatement effectif dans ceux qui vont être construits, il ne sera que progressif dans ceux qui étaient déjà ouverts, et les polémiques autour de l’enlèvement des crucifix eurent de fait peu d’occasions de se manifester.
       Une autre question en lien avec cette laïcisation est celle du personnel enseignant et de sa formation : c’est ainsi que de nombreuses congrégations enseignantes n’auront plus le droit de prendre en charge des missions d’enseignement et seront même souvent expulsées (les jésuites l’ont été dès 1880). Une autre question à tenter de résoudre est celle de la formation des filles qui se destinent à l’enseignement, à laquelle il sera répondu la création en d’écoles qui sont réservées à celles qui envisagent une carrière d’institutrice.
       Dans le même temps, on relève quelques paradoxes notamment dans le texte des programmes : celui de 1882 prévoit ainsi qu’il convient de former les élèves au sentiment religieux et aux devoirs envers Dieu. Simon Catros relève ici l’influence des thèses déistes défendues par de nombreux universitaires qui ont joué le rôle que l’on reconnait aujourd’hui aux « influenceurs » ;
public
       Dans un troisième et dernier temps de son propos le conférencier évoque les oppositions qui ont pu se manifester pour contester le mouvement de laïcisation. Elles auront plusieurs sources et se manifesteront de plusieurs manières.
  La contestation vient par exemple de mouvements que l’on qualifierait aujourd’hui de  libertaires – on parlait davantage à l’époque de mouvements anarchistes, qui contestent, au nom de la liberté, l’emprise de l’État sur les questions religieuses. Elles viennent aussi de mouvements politiques contestant le conflit engagé avec l’Église catholique et du clergé catholique lui-même. La contestation pourra conduire à des répliques de la part des pouvoirs publics qui iront quelquefois jusqu’à sanctionner, plus ou moins sévèrement les ministres des cultes (qui à l’époque, sur le plan juridique, étaient des agents de l’État).
  La contestation prend plusieurs formes. Parmi celles-ci, ce que l’on a appelé « la guerre des manuels », un mouvement, essentiellement mené par l’Église catholique qui contestait le contenu de certains manuels au motif qu’ils donnaient d’elle une image dégradante. On pourra observer des contestations, qui vont se manifester pour dénoncer l’expulsion des congrégations religieuses ou l’obligation de laïciser les locaux d’enseignement. Ces questions resteront longtemps au cœur du débat politique, et pourront même se radicaliser aux lendemains de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État.
  Le conférencier clôt son intervention à 21h35 en disant que la laïcité peut être présentée comme ayant été « le combat des républicains ». Françoise Demangeon le remercie pour la qualité de sa conférence et il est longuement applaudi.

Plusieurs questions sont posées : sur le moment où la laïcité peut être considérée comme étant devenue effective, sur l’aide des collectivités publiques à l’enseignement privée - avec notamment la question des établissements privés sous contrat, sur la situation particulière de l’Alsace, de la Moselle, ou encore sur la question actuelle du port des signes religieux à l’école.
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Jeudi 23 avril 2026
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Les couvents des Pénitents du tiers Ordre aux XVIIe et XVIIIe siècles

Jean Claude Viel

Présentation de la conféJCVrence :

Le quartier de Vernonnet nommé « les Pénitents » rappelle l’existence à cet endroit d’un couvent de Pénitents du tiers Ordre de Saint François aux XVIIe et XVIIIe siècles.

L‘Ordre, déjà présent à Vernon depuis saint Louis, fut réformé et développé vers 1590 et compta une quinzaine d’établissements en Normandie. C’est son histoire qu’évoquera le conférencier, les spécificités des Pénitents face aux autres ordres monastiques, leur implantation dans les villes – à Vernon en particulier-, les relations (parfois difficiles !) avec le reste du clergé, régulier ou séculier et avec la population.
    
La période de grand dynamisme de la fin du XVIIe siècle n’a pas connu de suite. Cet ordre aux règles rigoureuses, sévères et parfois sclérosées eut du mal à faire face aux transformations de la société, au désintérêt des laïcs à l’égard du modèle de vie promu par les Pénitents tiers Ordre. Les « Lumières » du XVIIIe siècle n’étaient guère favorables à la supposée cupidité des pères du tiers Ordre, dissimulée sous leur manteau de pauvreté…


       Le dernier acte se joua en mai 1791 : il faut imaginer le Père sonnant la cloche pour assembler les quelques religieux encore présents et leur lire le décret de dissolution du tiers Ordre de St. François. Deux officiers municipaux vinrent apposer les scellés et mirent ainsi fin à plus de cinq siècles de présence franciscaine à Vernon. 

Résumé de la conférence :

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Jeudi 21 mai 2026

La Cour des comptes
Guy QUINTANE

Présentation de la conférence :

    
 Résumé de la conférence :
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Jeudi 18 juin 2026
Soirée de juin
Chateuneuf-sur-Epte

 
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Jeudi    septembre 2026



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Jeudi    octobre 2026

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Jeudi    novembre 2026

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Jeudi  décembre 2026


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